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Les Geishas, d’hier à aujourd’hui

Les Geishas, d’où viennent-elles ?

Souvent associées à l’équivalent de nos dames de joie occidentales, une geisha (ou geiko) ne se réduit pas à la prostitution. Bien au contraire, les relations intimes ne sont pas systématiques entre elles et leurs clients.

Très nombreuses aux 18e et 19e siècles, les geishas sont avant tout des femmes raffinées et très cultivées, qui offrent leurs services aux hommes aisés en tant que femmes de compagnie, dédiant l’essentiel de leur temps à la pratique des arts traditionnels japonais. D’ailleurs, le terme « geisha » signifie littéralement « personne d’art ».

Geishas

Puisque nous sommes dans les grandes révélations, il nous faut aussi préciser que lors de leur apparition, au début des années 1710, les geishas étaient principalement… des hommes ! Ils étaient alors les «bouffons royaux» locaux, chargés de divertir par les chants et la musique les clients des salons de thé.

Peu à peu, les femmes investissent le milieu. On voit alors apparaître nombre de geishas célèbres et très vite, à partir de 1800, il ne reste plus qu’elles. Au fil des années, elles obtiendront un statut officiel, mais aussi une réglementation de leurs activités (dont la prostitution est prescrite) et un tarif fixé par le gouvernement.

Un tenue traditionnelle et préservée

L’élément indissociable de la geisha est son kimono de soie, décolleté dans le dos, appelé Obebe. Les couleurs et motifs varient en fonction des saisons et des femmes, toutefois les teintes se font de moins en moins vives lorsqu’elles avancent en âge.

Tenue de Geisha

L’obebe est noué dans le dos avec une large ceinture de soie, l’obi, dont la taille et le nœud varie également en fonction de l’âge de la geisha : les plus mûres le portent en tambour, et les maiko (apprenties geishas) avec une longue traine. En dessous, elle porte une combinaison dont le col dépasse (rouge pour les geishas, blanc pour les maiko) qui est souvent cousu au kimono et décousu à la main, chaque jour. S’habiller est donc un travail complexe qui nécessite bien souvent l’aide d’un habilleur.

Le maquillage et la coiffure d’une geisha, eux-aussi, sont des arts à part entière, qui varient en fonction du statut de l’apprentie à l’établie. Le teint blanc et les yeux fardés de noir que l’on associe souvent aux geishas sont en effet ceux des maiko. Les femmes ayant plus d’expérience se maquillent en réalité bien moins, voire très peu, sauf en de rares occasions. De plus, si les geishas portent bien du rouge sur toute la bouche, les maiko, elles, ne le portent que sur la lèvre inférieure.

Maquillage de Geisha

Le chignon, lui, est porté par toutes et réalisé chez un coiffeur. Il doit durer une semaine et, pour ne pas l’abîmer, les femmes doivent donc dormir avec un repose-nuque (takamakura). De nos jours, certaines usent de perruques pour gagner du temps lors de la préparation.

Les geishas resteront considérées comme à la pointe de la mode jusqu’au début du 20e siècle, avant de devenir de véritable gardienne de la tradition japonaise, ce qu’elles restent aujourd’hui. Encore aujourd’hui, être geisha est synonyme de sacrifice car depuis leur enfance, elles doivent se bander les pieds pour éviter qu’ils ne grandissent trop, des pieds trop grands étant considérés comme inesthétiques.

Les geishas aujourd’hui

Aujourd’hui, les geishas ne sont plus qu’environ 200, basées à Kyoto pour la plupart. Toutefois, on note un certain regain d’intérêt pour le métier, lié notamment à une forte médiatisation à la TV et sur Internet. Ainsi, de plus en plus de jeunes femmes postulent en tant que maiko auprès des célèbres geishas de Kyoto.

Celles-ci habitent souvent dans leurs propres logements, quittant le foyer des okiya, maisons de geishas traditionnelles, auxquelles elles restent toutefois attachées, notamment pour les prises de rendez-vous avec les clients. Elles résident en revanche dans les quartiers qui leurs sont réservés, les hanamachi (Gion et Ponto-cho à Kyoto, notamment), dans lesquelles les geishas célèbres sont considérées comme des modèles. Elles vivent ainsi comme dans une grande famille, et chaque nouvelle apprentie doit se trouver une oneesan (grande sœur) pour lui enseigner son art. Elle doit aussi posséder un protecteur, le danna, qui est souvent un homme riche qui assure une grande partie de ses gains et l’aide à devenir autonome en lui offrant des cadeaux et avantages, en plus de payer les prestations comme les autres hommes.

Geisha

Les geishas de Kyoto et d’ailleurs ont pour missions principales de divertir leurs clients, en chantant et dansant, en jouant de la musique, ou simplement en prenant part à des conversations ou jeux de société. Elles participent aussi à des spectacles et festivals de danse. Les relations sexuelles peuvent exister, mais elles ne sont pas obligatoires et restent discrètes, car mal vues. D’ailleurs, une geisha qui souhaite se marier doit renoncer à son métier à jamais.

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